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Sonoriser plus de 250 choristes et musiciens pour fêter Sainte-Gudule ?

  • AVTE
  • 19 janv.
  • 3 min de lecture

Placés sous la direction de Romain Verbeeren, trois chœurs d’enfants — Les Petits Chanteurs de Bruxelles, Mélopée et la chorale inter-écoles Promozart ont rejoint les solistes de l’Ensemble Orchestral de Bruxelles pour célébrer les 800 ans de la cathédrale Saints-Michel-et-Gudule. Ensemble, ils ont offert un programme varié mêlant musique classique, répertoire du monde, extraits de films et chansons françaises.


J’ai eu la chance de participer activement à ce projet en assurant la liaison technique entre la fabrique d’église et l’asbl, afin d’optimiser la sonorisation de l’événement.

Sonoriser une chorale ou un orchestre dans un édifice de plus de 100 mètres de long représente toujours un défi. La première question consiste à déterminer si une amplification est réellement nécessaire. Les puristes affirment souvent que la musique classique ou lyrique ne devrait pas être sonorisée. Je partage cette idée… mais avec une nuance essentielle : tout dépend de l’acoustique du lieu. Dans une salle d’opéra ou une salle de concert conçue pour l’acoustique naturelle, la réverbération, l’écho et le retard sont maîtrisés dès la conception. Une église, en revanche, n’offre généralement pas ces conditions. La cathédrale présente plus de six secondes de réverbération, et selon l’emplacement des musiciens, ceux-ci peuvent se trouver à plus de dix mètres des premiers rangs.


En acoustique, une règle s’applique partout : le niveau sonore diminue de 6 dB chaque fois que la distance à la source double. Au-delà de 10 mètres, on perd déjà plus de 19 dB par rapport au niveau initial.


Prenons l’exemple d’un chanteur d’opéra capable de produire 80 dB. À 10 mètres, il ne reste plus que 61 dB. Dans la configuration du concert de ce dimanche, le premier rang se situait à environ 2 mètres des premiers instruments, tandis que les derniers spectateurs étaient à 45 mètres. Cela représente une perte d’environ 12 dB pour les premiers rangs et de 35 dB pour les derniers.

Se pose alors la question de l’intelligibilité. Un chanteur à 80 dB reste parfaitement compréhensible avec 12 dB de moins au premier rang, mais beaucoup moins à 45 mètres, où il ne reste qu’environ 55 dB, auxquels s’ajoute le bruit de fond de l’assemblée. Oui, on entend encore quelque chose à 55 dB, mais comprendre le texte devient difficile, surtout si le public est un peu bruyant — ce qui arrive souvent dans une église. Et si le soliste est accompagné d’un orchestre, divers phénomènes acoustiques donnent l’impression qu’il est progressivement couvert par les instruments à mesure que l’on s’éloigne. Cette diminution affecte toutes les sources acoustiques : voix, cordes, vents, etc. D’où l’intérêt d’amplifier un concert dans une église. L’objectif n’est pas de suramplifier les artistes, mais de soutenir le niveau sonore pour conserver un rendu naturel, donnant l’impression que ce sont bien les musiciens qui jouent devant vous, et non les haut-parleurs. Évidemment, si vous êtes à 15 cm d’une enceinte, aucun miracle n’est possible.



Ce dimanche, la tâche technique était particulièrement complexe : plus de 250 jeunes choristes et les musiciens devaient tenir sur moins de 60 m², et il était impossible d’éloigner les haut-parleurs du public en raison du dispositif son et lumière déjà installé dans la cathédrale. Certaines personnes se sont donc retrouvées très proches des enceintes, qui n’ont pourtant jamais dépassé 80 dB dans les moments forts. Le concert s’est déroulé autour d’une moyenne de 74 dB(A), parfaitement cohérente avec le niveau acoustique naturel mesuré à 2 mètres (80 dB(A)).


En conclusion : oui, amplifier un concert dans une église peut réellement améliorer la qualité de l’écoute lorsque les distances sont importantes. L’essentiel est de le faire avec finesse, après une analyse précise du lieu et de son acoustique. N’hésitez pas à me contacter pour discuter de votre projet.






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